Traditionnel bouillon d’awara


En Guyane, ce n’est pas l’agneau qui fait courir les ménagères mais une graine orangée dont on tirera la pâte pour le célèbre bouillon d’awara.
Un dicton assure que quiconque a goûté ce bouillon de Pâques reviendra en Guyane


Le palmier awara est caractéristique avec ses épines disposées comme des défenses tout le long de son tronc effilé.
Attention lors des sorties en forêt de ne pas vous tenir aux palmes, vous en garderiez (comme moi) un souvenir cuisant !!

Les fruits, graines comme on dit ici, sont rassemblés en grappes , leurs couleurs vont du safran au rouge orangé, ils sont relativement sucrés, j’ai déjà dit que je leur trouvais un petit goût de monbin (un autre fruit local)

Chaque cuisinière à sa propre recette pour ce plat qui n’a de bouillon que le non puisque c’est une sorte de ragout très consistant.
Le plus important est la pâte d’awaras, « si elle est mal faite ou mal cuite, elle donne mal au ventre » entend on souvent.
Le mieux et de la faire faire par des amérindiens.
Ils pilent les awaras, les font tremper dans l’eau, les passent à la passoire avant de faire cuire au feu de bois toute la journée en touillant et en rajoutant de l’eau. Il faut encore recuire le lendemain pour obtenir une pâte à la belle couleur orangée.
La pâte s’achète au litre dans les jours qui précèdent la fête.

J’ai pris cette recette sur le site de St laurent du Maroni

Le plat sur la photo est réalisé par Armelle qui le vendait au marché des producteurs à Cayenne (20 euros, la barquette d’1 litre pour 2 personnes).

Ingrédients

1 kg de pâte d’awara
200 g de queue de cochon
200 g de gueule de cochon
250 g de lard fumé
400 g de poulet boucané
400 g de poisson boucané
100 g d’aubergines
100 g de concombre longe
100 g de concombre piquant
100 g de chou
100 g de haricots verts
crabe, crevettes
Cives, persil, thym frais
1 piment

Préparation
1. La veille, découper et laisser dessaler dans de l’eau les salaisons (sauf le lard) ; changer l’eau plusieurs fois
2. Couper les légumes en gros morceaux
3. Délayer la pâte d’aouara dans de l’eau chaude
4. Mettre à bouillir pendant 2 heures à feu doux, la pâte et les salaisons (sauf le lard)
5. Ajouter les légumes (sauf les épinards) ; laisser bouillir encore 2 heures
6. Versez les épinards puis le lard fumé. Laissez cuire encore 1 heure
7. Découpez le poisson et le poulet boucané. Les rajouter au bouillon
8. En fin de cuisson, rajouter les crevettes, le crabe, la cive, le persil et le thym hachés et le piment

Servez avec du riz « grain-nin », ou riz en grains.
Le bouillon d’awaras est avant tout une affaire de famille, et chacune possède ses petits trucs et sa façon de le déguster. La recette que nous vous proposons est la base, libre à vous de l’agrémenter!

Ceux qui n’aimaient pas ce plat traditionnel assez lourd, ont pu faire comme moi et se régaler de boudins créoles blancs (poulet)


et rouges toujours préparés par Armelle


Mais la saison de Pâques n’est pas que celle des graines, c’est aussi la période des grandes marées.
La mer est démontée comme vous pouvez le voir et l’entendre sur ma vidéo faite vers 18h juste avant la tombée de la nuit.

« Saison gren lan mé mové » (en saison des graines, mère mauvaise)

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